Il se nomme Ali Ramdani. Mais sur scène, c'est Lilou. Et tout le monde l'appelle ainsi, depuis qu'il est petit. Parents, profs, amis. Derrière ses lunettes d'intello et son gentil surnom qui rappelle l'héroïne du Cinquième élément, se cache un mangeur de trophées sans pitié. Un Algérien d'origine qui a tout gagné dans le breakdance et qui ne partage jamais la première place. " Quand j'entre en scène, décrit-il, je ne viens pas câliner l'ennemi. Je l'abats. Je suis comme un soldat qui entre sur le champ de bataille. " Résultat : champion du monde en solo et en groupe à 24 ans. Le 5 novembre à Paris, la bête du dance floor intègre le jury du BC One, l'une des plus prestigieuses compétitions au monde. " Général Lilou " se paie ainsi le luxe de décider lui-même du b-boy qui lui succédera au palmarès. Mais pour les protagonistes, mieux vaut venir armés d'enchaînements bien préparés pour satisfaire le boss.Membre des pockémon
" Ceux qui remportent ce tournoi ont plus galéré que Laure Manaudou dans sa piscine, jure-t-il. Moi, pendant longtemps, je ne gagnais pas un sou. Et souvent, je terminais à l'hôpital avec les articulations déboîtées, à force de tenter des mouvements impossibles. " Ce casse-cou est aussi champion de France de kung-fu. Si vous le croisez dans la rue, ne le cherchez pas. Mais, par chance, il n'use de sa dextérité que lorsqu'un battle pointe son nez. Le bidasse des pistes de danse cultive son style à double tranchant. Tranquille dans la vie, tueur froid sur scène. Et avec un chèche palestinien autour du cou. " Je symbolise une communauté parfois mal jugée, argumente-t-il. Celle des Arabes, des musulmans et des jeunes de quartier. Je mène un combat pacifique. Certains prennent le micro, moi j'enfile un foulard, un tee-shirt avec un gros slogan et je tape mes petits pas de danse. "Grâce au break, Lilou s'est trouvé une nouvelle famille, celle des Pockémon. Aucun rapport avec une passion pour Pikachu et ses amis, c'est juste le nom de son crew, comprenez son groupe de danseurs. " Les autres b-boys choisissent des noms sérieux et prétentieux, regrette-t-il. On prend le contre-pied. " Preuve que l'on peut se montrer intraitable avec l'ennemi et garder son âme d'enfant. Si notre champion faisait partie des vrais Pokémon, il resterait dans sa capsule, en attendant que son maître l'envoie défier d'autres bestioles. " Je ne fais plus de battle, avoue-t-il. Je me cache dans ma grotte jusqu'en 2009. J'hiberne pour revenir avec un nouveau style. " Spectateurs préparez-vous. Quand Lilou le tueur froid ressortira de sa tanière, ayez pitié des proies, qui croiseront ses pas

